La saison des pluies ou "Tsuyu"
Au Japon, quand on prononce le mot tsuyu, on sait qu’il s’agit d’une période de trente jours – en général entre le 15 juin et le 15 juillet – pendant laquelle la pluie et la chaleur humide sont presque quotidiennes et sans relâche. Et quand par chance il ne pleut pas, le ciel reste couvert et très gris, favorisant un bon coup de déprime pour tout le monde ! On oublie alors ces belles couleurs japonaises des quatre saisons, dont les Japonais sont, à juste titre, tellement fiers, et l’on attend patiemment que cette période se termine pour revoir enfin le soleil de l’été…
Il pleut à Hiroshima, puisque nous sommes encore en période de tsuyu, depuis hier soir sans relâche. Mais les Japonais restent calmes, zens, et silencieux face à ces précipitations, prévues et attendues de toute manière. Il y a des parapluies partout, à la disposition des gens, et gratuitement s’il vous plaît ! On les prend, et une fois la pluie arrêtée, on les remet dans les endroits prévus. Un ami Japonais me disait hier que le Japon avait justement besoin d’eau, et que malgré la tristesse de cette période, les Japonais sont très contents de recueillir ainsi l’eau douce du ciel, envoyée par les kami, les divinités japonaises…
Bref, il pleut, et le ciel est sombre. Cela me rappelle ces vers bien connus de Verlaine :
Il pleure dans mon cœur Ô bruit doux de la pluie Il pleure sans raison C’est bien la pire peine
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Mais j’aimerais bien terminer ces mots sur « la saison des pluies » par un proverbe ensoleillé que tout le monde connaît, même au Japon : Après la pluie, le beau temps…
